La fracture numérique est un obstacle a l’usage des Technologies de l’information et des communications pour le développement.
Les délégations de la deuxième commission des nations unies qui tenaient un débat sur les technologies de l'information et des communications (TIC) au service du développement, ont rappelé, jeudi 23 octobre, l’urgence de combler le fossé numérique qui existe entre les nations industrialisées et les pays en développement.
Fortes de la conviction que les TIC peuvent être mises au service de la réalisation de tous les objectifs de développement agréés au niveau international, les délégations ont demandé que les engagements auxquels les États Membres ont souscrit et notamment, ceux pris à l’issue des deux rencontres du Sommet mondial sur la société de l'information, soient honorés.
Le potentiel énorme des sciences et des technologies pour la promotion du développement socioéconomique et la réduction de la pauvreté reste largement sous-exploité, a déclaré la représentante d’Antigua-et-Barbuda, qui prenait la parole au nom du Groupe des 77 et de la Chine. La majorité des délégations ont en effet estimé que les TIC peuvent aider à promouvoir la mise en œuvre d’une très large gamme de programmes de développement. L’usage de ces technologies peut en effet faciliter la lutte contre les changements climatiques, la réponse à apporter aux épidémies, les opérations de reconstruction et de relèvement après une catastrophe naturelle, la création d’emplois et le renforcement d’un processus démocratique participatif, ont souligné divers intervenants. L’importance des TIC dans la promotion du développement est bien connue, a résumé le représentant du Brésil, en enjoignant la communauté internationale à s’atteler à honorer les engagements qu’elle a pris à cet égard en faveur des régions et des populations les plus défavorisées.
Parmi les objectifs que s’est assignée la communauté internationale figure primordialement celui de combler le fossé numérique Nord-Sud. Le taux de pénétration de l’Internet atteint aujourd'hui 85% de la population dans certains pays, mais n’est que de 5% dans d’autres, a fait remarquer, à titre indicatif, le représentant de la Chine. Pour certains, dont le représentant de la Tunisie, cette fracture est le produit d’un contexte économique mondial marqué par un profond déséquilibre entre les pays industrialisés du Nord et ceux en développement du Sud. Pour d’autres, la persistance de la fracture numérique illustre le manque de volonté de la communauté internationale dans le domaine de la réduction des écarts qui existent entre riches et pauvres. Le développement des TIC devient une source de marginalisation, au lieu d’être un vecteur d’intégration, a déploré le représentant tunisien.
La délégation du Kenya, qui prenait la parole au nom du Groupe des pays africains, a expliqué que les défis posés par le fossé numérique forcent les pays africains à choisir entre les différents objectifs qu’ils assignent à leur processus de développement, en raison de leurs ressources limitées. Il a souhaité que des ressources d’investissement appropriées et durables soient mobilisées en faveur de la mise en place d’infrastructures et de services liés aux TIC. Son homologue de la France, qui représentait l’Union européenne, a reconnu que les TIC sont devenues un « enjeu incontournable » dans les politiques de développement, et a reconnu qu’il importe de déployer de nouvelles formes de solidarité numérique pour la promotion du développement.
Dans ce contexte, de nombreuses délégations ont salué des initiatives comme celle qui a abouti à la création du Fonds mondial de solidarité numérique, qui propose notamment un mécanisme de financement particulier, appelé principe du « 1% de solidarité numérique », destiné à financer l’acquisition de biens et de services numériques afin de combler le fossé entre le Nord et le Sud. Pour ce qui est du niveau régional, le représentant du Maroc s’est félicité de l’Initiative « Connecter l’Afrique », lancée en octobre 2007, afin de mobiliser les ressources humaines, financières et techniques africaines pour mettre les TIC à la portée de toutes les communautés rurales du continent d’ici à 2015. Cinquante-cinq milliards de dollars des États-Unis de contribution ont été promis dans le cadre de cette Initiative, s’est réjoui le représentant du Kenya. Il a souligné que « Connecter l’Afrique » a mis en exergue l’importance pour l’Afrique de se doter d’un environnement favorable aux investissements en faveur des TIC et des ressources humaines qui les accompagnent.
Les rapports pertinents du Secrétaire général* sur la question à l’ordre du jour ont été présentés par M. Khalil Rahman, de la Division des technologies et de la logistique de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), et Mme Suzanne Bilello, Chargée de l’information et de la liaison à l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
Outre celles déjà citées, les délégations des États suivants ont pris la parole ce matin: Indonésie (au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est), Inde, Sénégal, Bahreïn, et Bélarus. Les représentants de l’Union interparlementaire (UIP) et de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) se sont également exprimés.
En début de séance, la Deuxième Commission a terminé l’examen de son point à l’ordre du jour relatif à l’élimination de la pauvreté, en entendant des déclarations des représentants de l’Afghanistan et de l’Ordre militaire souverain de Malte.
Demain, à 10 heures, la Deuxième Commission tiendra une table ronde consacrée à la mondialisation et à la santé.


